L'Église Saint-Nicolas de Canaveses est située sur la rive gauche de la rivière Tamega, appartenant à paroisse São Nicolau. Cette Église est historiquement et géographiquement liée à son homologue Sainte-Marie de Sobretâmega, sur l'autre rive.
Les deux villages, auxquels les Églises appartiennent, faisaient d'antan partie du bourg de Canaveses, et étaient liés par l'ancien Pont de Canaveses. Les Églises ont leurs façades orientées vers cette importante voie de communication.
L'historiographie hésite à attribuer la (re)construction du Pont à la reine Mafalda de Savoie (1125-1157), épouse du roi Afonso Henriques, ou à sa petite-fille, Mafalda Sanches, Mafalda Sanches, la fille du roi Sancho I et la petite-fille du roi Afonso Henriques, premier roi du Portugal. Cependant, la tradition locale estime que c'est la première qui ordonna la réalisation de l'ouvrage.
Malgré la barrière fluviale, les deux villages partagèrent pendant des siècles les mêmes intérêts. Si, jusqu'au XVe siècle, ils appartenaient à deux communes, à partir de 1406 tous deux rejoignent celle d'Entre-Douro-e-Minho.
Les habitants du bourg de Canaveses, qui au XVIIIe siècle était composé des paroisses de São Nicolau et de Sobretâmega, étaient exonérés du paiement de la taxe de passage sur le Pont de Canaveses. À l'époque, le bourg était régi, sur le plan civil, par les organes respectifs de la commune, et sur le plan juridique, par un juge ordinaire.
Mais les similitudes ne s'en tiennent pas à l'histoire, elles s'étendent aussi à l'architecture. Les deux Églises ont une chronologie identique, de l'art roman tardif, caractérisé par la persistance de leurs formes pendant une période que l'historiographie identifie déjà comme gothique.
Il semble donc que leur construction soit postérieure à l'année 1320. De même, en ce qui concerne le niveau de la planimétrie, car toutes deux sont de petits temples, à nef unique et sanctuaire rectangulaire.
Cette histoire identique est reconnue au XXe siècle lorsque l'Église Saint-Nicolas, la Chapelle Saint-Lazare, la Croix du Seigneur du Bon Passage et l'Église Sainte-Marie de Sobretâmega sont classés, comme ensemble, en tant que Biens d'Intérêt Public.
Il convient de noter que le Pont de Canaveses est exclu de ce classement. Son exclusion se doit au fait que le Pont ait été démoli en 1944 et reconstruit ensuite, de manière identique, mais ne suivant pas la conception originale. Au cours de la décennie suivante, le Pont a été submergé en raison de la construction du barrage de Torrão.
Malgré les similitudes, l'intérieur de l'Église Saint-Nicolas est plus riche que sa congénère, ce qui est manifeste sur l'art tumulaire et sur les peintures murales.
Installé dans une baie, déchirée dans l'épaisseur du mur, le coffre tumulaire d'Álvaro Vasconcelos, qui est décédé en 1565, avec un couvercle à deux pans, porte une inscription sur la face avant et est entouré d'une moulure de lignes classiques.
En ce qui concerne les peintures murales, découvertes en 1973, lors d'une intervention visant la rénovation de l'installation électrique de l'Église, elles s'étalent sur les murs de la nef, nous permettant d'identifier plusieurs campagnes, à savoir : du côté de l'évangile se trouve Saint-Antoine, les traces d'une inscription de celui qui a sans doute commandé l'œuvre et d'autres éléments décoratifs, correspondant à la campagne plus ancienne, probablement du dernier quart du XVe siècle ; l'arc triomphal, du côté de l'évangile, conserve des fragments d'une Annonciation qui, en raison de ses similitudes avec d'autres ateliers de peinture murale (par exemple, à Saint-Mammès de Vila Verde) peut correspondre à une campagne postérieure à 1507 ; l'image de Sainte Catherine, sur le mur de la nef, côté sud, identifie un autre atelier du début du XVIIe siècle, ce qui est confirmé par le nom du commissionnaire qui apparaît sur la peinture - Maria Ribeiro - et qui serait née en 1598 ; sur le même côté, mais plus près de l'arc triomphal, il y a la représentation d'un abbé bénédictin, avec son habit noir, son livre et son bourdon. Il reste encore des traces d'une autre Annonciation qui date probablement du XVIIIe siècle.
Dans la années vingt, du XVIIIe siècle, cette Église avait cinq retables. Quatre de ces retables ont été démantelés lors de l'enlèvement du plâtre qui recouvrait l'intérieur de l'Église, cette intervention conduisant à la découverte des fragments de la peinture murale. Les retables seraient de style maniériste. Aujourd'hui, il ne reste plus que le retable principal, en bois sculpté et de style national.